CONVERSATION INTÉGRALE AVEC LA FÉDÉRATION DES QUÉBÉCOIS DE SOUCHE

Suite à la publication de cet article ce matin sur le site de la SRC

Une affiche indiquant « Saguenay ville blanche » près du cimetière Saguenay

je soupçonne qu’il s’agisse de la Fédération des Québécois de souche. Je publie donc une conversation Facebook qui a eu lieu en février 2013 avec la personne qui opérait leur page Facebook à ce moment là. Je reproduis le texte intégral de l’échange après avoir enlevé les caractères internet qui nuisent à la lecture. 

 

2013-02-26 21 :31

Denis McCready

Bonjour,

J’aimerais savoir quel niveau de « dilution » est accepté pour être encore considéré « de souche »? Votre définition ne défini pas ce qui arrive aux Français débarqués ici qui ont marié des Écossais ou des Irlandais depuis le XIXe siècle.

Aussi, est-ce que vous considérez la nouvelle vague de Français débarqués depuis plusieurs années au Québec comme étant de facto « de souche » ou comme faisant partie de « l’immigration ».

Merci pour ces précisions.

 

2013-02-26 23:46

Fédération des Québécois de souche

Bonjour,

Excellente question en effet! Nous allons tenter d’y répondre le plus simplement possible.

Le terme « de souche » fait référence à la souche française fondatrice et à ses descendants. Nous opposons donc une conception de « droit du sang » versus le « droit du sol » ou « nationalisme civique ». Pour nous la nation est une famille élargie. Autrement dit pour être un québécois de souche (française) il suffit d’être descendant direct des colons français d’origine.

Concernant la dilution. Lorsqu’on parle d’origine ethnique la majorité des européens sont des « frères », la différentiation se fait principalement par la langue et la culture même si ceux-ci sont très similaires vis-à-vis de ceux qui sont d’origine extra-européenne.

Dans le passé une immigration limitée irlandaise, écossaise, et même allemande s’est greffée à la population d’origine française pour y adopter les us et coutumes, la langue, et faire partie de la famille par mariage et ainsi de suite. Les descendants de ceux-ci, partageant le sang français sont donc d’authentiques « de souche ». Nous faisons remarquer aussi que l’héritage culturel et religieux est très similaire et ne menace en rien la souche originale si ceux-ci s’intègrent à la nation.

Ceci n’est pas le cas avec ceux d’origine extra-européenne qui souvent n’ont pas de parenté ethnique, linguistique, religieuse ou même culturelle et c’est là qu’il y a rupture avec la souche sur tous les points de vue.

Les Québécois de souche sont issus de familles spécifiques du temps de la Nouvelle-France, (c’est encore le cas pour plus de 80% de la population actuelle du Québec) un immigrant français peut donc être un « français de souche » sans être un québécois de souche, même si ethniquement ils sont identiques. Cela va de soi puisqu’il y eu une rupture de contact entre la mère patrie et la colonie depuis 1760. Mais tout comme les irlandais, écossais et allemands auparavant, les descendants de l’immigrant français peuvent facilement se greffer à notre peuple en y causant aucun tort ou modification.

En espérant que cela a répondu à votre questionnement.

FQS

 

2013-02-26 23:47

Fédération des Québécois de souche

suggestion de lecture: http://www.quebecoisdesouche.info/index.php?damystifier-le-droit-du-sang

Démystifier le droit du sang – Fédération des Québécois de souche

quebecoisdesouche.info

 

2013-02-27 01:08

Denis McCready

Merci d’avoir pris le temps de me répondre.

J’ai pris le temps de lire le texte joint, mais certains points de votre réponse me laisse perplexe. Ça soulève beaucoup plus de questions que je ne le croyais. Vous m’excuserez de vous assommer avec mes questions qui suivront, car le statut « de souche » me préoccupe beaucoup.

Vous dites : « Autrement dit pour être un québécois de souche (française) il suffit d’être descendant direct des colons français d’origine. »

Donc, si je comprends bien, une fois qu’on a un Français dans ses ancêtres, on est « de souche » peu importe notre « dilution » par la suite.

Un autochtone peut-il être « de souche » s’il a un ancêtre français? Selon votre déclaration, oui. Il y a donc, en vertu des unions depuis 1534, une poignée de Mohawks, d’Innus, de Cris et de gens des huit autres nations autochtones qui sont aussi Québécois « de souche ».

Par la suite vous vous contredisez : « Ceci n’est pas le cas avec ceux d’origine extra-européenne qui souvent n’ont pas de parenté ethnique, linguistique, religieuse ou même culturelle et c’est là qu’il y a rupture avec la souche sur tous les points de vue. »

Donc il faut une origine européenne, sinon une parenté ethnique, linguistique, religieuse ou culturelle.

En suivant cette logique, un immigrant européen se marie à une Québécoise « de souche » et s’intègre dans la « famille » et leurs enfants sont donc considérés « de souche ».

Quel statut donne-t-on aux enfants, si un parent est d’origine ethnique russe (européen), mais de confession juive? Est-ce que l’appartenance continentale prime sur la confession?

Et l’enfant d’un Bosniaque (européen musulman) et d’une Québécoise, est-il « de souche » de facto?

Et celui d’un Chinois (non-européen, mais chrétien) et d’une Québécoise?

Ou par exemple un enfant né d’un Haïtien (francophone, mais de religion vaudou) et d’une Québécoise?

Ou bien un Vietnamien (né bouddhiste), mais adopté par une famille québécoise « de souche » à l’âge de 2 ans et ayant grandi au Québec (même culture que les Québécois « de souche ») et qui épouse une Québécoise?

Si on s’en tient à la filière européenne, jusqu’à quand peut-on remonter en Europe pour qu’ils soient considérés comme des « frères » et aient donc la possibilité que leurs enfants soient des Québécois « de souche »?

Par exemple, un Français (né en France) dont les grand-parents sont nés en Algérie (donc en territoire français) et qui ont immigré en France, et dont le père a marié une Française, pourra-t-il avoir un enfant « de souche » avec une Québécoise?

Et quel est le statut de l’enfant qui a un parent québécois « de souche » et un parent d’origine espagnole (européen) ayant un ancêtre Marrane (de confession juive convertis au catholicisme durant l’Inquisition)?

J’ai retrouvé mes ancêtres en sol québécois jusqu’au 17e siècle, mais d’autres ne sont pas aussi chanceux que moi. En l’absence d’arbre généalogique, de registre fiable ou de documents officiels, comment fait-on pour prouver qu’on est « de souche »?

Souhaitez-vous que tous les immigrants actuellement au Québec se marient avec des Québécois(es) afin d’intégrer la famille et que leurs enfants soient « de souche »?

Vous dites : « Mais tout comme les (I)rlandais, (É)cossais et (A)llemands auparavant, les descendants de l’immigrant français peuvent facilement se greffer à notre peuple en y causant aucun tort ou modification. »

Donc les autres immigrants causent du tort au Québec?

Votre porte-parole entendu à la radio CKRS aujourd’hui réclame un moratoire sur l’immigration et il n’a pas fait mention d’une exclusion pour permettre l’immigration française. Est-ce que ce schisme actuel dans la Fédération des Québécois de Souche suggère que le groupe se scindera bientôt en deux camps : pour et contre l’immigration française?

Encore une fois excusez-moi de vous bombarder de la sorte, mais cette approche est difficile à comprendre quand on la compare à la définition (administrative) actuelle d’un(e) Québécois(es), soit quelqu’un qui habite le Québec depuis plus de six mois et qui paie ses impôts au Québec.

En espérant continuer à échanger sur ce sujet singulier, je vous salue.

Cordialement,

27 février 2013

 

2013-02-27 18:20

Fédération des Québécois de souche

La logique s’applique, la majorité des ancêtres doivent être de souche ainsi que l’identité et la culture. L’immigration massive extra-européenne au Québec est très récente et a commencée surtout à partir des années ’80. Si votre nom est d’origine française vous avez de très fortes chances de faire partie de la souche.

Si quelqu’un est en couple mixte il s’est lui-même exclu ainsi que ses descendants de la souche, si ses descendants ne reviennent pas vers la souche et s’identifient à une minorité, ils ne sont plus une partie intégrante de la nation. Vous citez une panoplie de cas d’exceptions… un peuple et une identité ne se modifient pas à chaque fois que quelqu’un venant d’ailleurs frôle notre sol. Cette situation chaotique est justement causée par l’immigration massive de populations étrangères. Auparavant, cette proportion était moindre et les immigrants changeaient même leurs noms de familles pour s’assimiler pleinement à notre société, aujourd’hui cela n’est plus possible à cause de la quantité.

Ensuite, non, nous ne souhaitons pas que tous les étrangers se mélangent avec les Québécois parce que la quantité d’étrangers en sol québécois est beaucoup trop grande et ceci pourrait dénaturer notre peuple.

L’immigrant ne cause pas de tort à notre peuple individuellement, mais l’immigration oui. Si une quantité industrielle d’immigrants n’ayant pas la même culture, race, identité et religion s’installe ici non seulement celle-ci est non-assimilable mais elle changera à jamais le caractère de notre pays et imposera éventuellement ses us et coutumes. Si cette population provient de centaines de nations différentes… c’est la disparition de la nation au profit du « citoyen du monde » déraciné qui aura lieu.

Pour ce qui est d’une scission au sein de la FQS, cela relève de la pure fabulation. Nous ne pouvons expliquer toutes les nuances dans une simple entrevue. Un moratoire est un moratoire, nous avons suffisamment d’immigrants au Québec, français ou non compris et de toute manière la France est prise avec des problèmes d’identité et d’immigration semblable au Québec et le reste de l’occident.

voici une lecture sur le métissage: http://www.quebecoisdesouche.info/index.php?sur-la-question-du-matissage

 

Sur la question du métissage – Fédération des Québécois de souche

quebecoisdesouche.info

 

 

               

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Denis McCready

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